La timidité, le manque de confiance, ces handicaps !

Coucou,

J’ai décidé soudainement de vous faire un article afin de parler un peu de moi, de partager un peu plus sur un certain trait de ma personnalité qui m’a handicapée et continue encore de le faire même si c’est dans une moindre mesure. Je préfère vous prévenir d’avance que cet article risque de partir dans tous les sens et la chronologie pas tellement respectée.

Beaucoup diraient : Ce n’est pas un drame d’être quelqu’un de timide, ça passe avec le temps. Sauf qu’il y a selon moi différents degrés de timidité. Et la timidité maladive, clairement c’est un enfer pour la personne qui le vit surtout quand elle voit que les personnes à côté ne comprennent pas.

J’ai toujours été cette personne qui n’osait pas aller vers les autres à l’école, celle qui avait peur de parler à quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, qui passait rouge tomate dès qu’on lui parlait, et qui était totalement effacée.

Forcément j’avais peu d’amis. En primaire, encore ça allait, j’étais on était peu nombreux dans notre petite école de campagne, et donc j’ai toujours été avec les mêmes personnes que ce soit en maternelle ou en primaire. Arrivé au collège, les choses se sont corsées. J’ai eu de la chance de tomber avec des amis de primaire : mon meilleur ami et une copine depuis la maternelle. Et la 6ème s’est finalement bien passée.

Les années se sont passées, j’ai réussi à me faire des amis, peu nombreux, peu fidèles, et qui parfois se moquaient de moi derrière mon dos, parce que j’étais chiante, pas assez bavarde, ou que les seules fois où je  parlais, c’était pour dire de la merde. Je me souviens de ce jour en 3ème, où pour une fois que je parlais, une d’elles s’est tournée vers une autre fille de mon « groupe » et a dit « OSEF de ce qu’elle dit » (on s’en fout, oui c’était la mode à l’époque !). Sur le coup j’ai pas compris, mais ensuite j’ai été super blessée. Mais comme j’étais la bonne patte, je ne voulais rien dire, je ne voulais pas perdre les seules amies que j’avais. Pourtant ça a fini par arriver, et j’ai été recueillie gentiment par deux filles de ma classe, qui étaient elles aussi les « mal-aimées ».

C’est horrible pour moi de partager ça, cet aspect de ma timidité, mais à côté du collège, j’étais complètement renfermée. J’étais incapable de rien en extérieur. Il est arrivé que ma mère se gare devant la boulangerie et me dise « Tu peux descendre me chercher le pain ? ». Me demander rien que ça me faisait éclater en sanglots. Je voulais pas descendre, je voulais pas entrer à la boulangerie et devoir parler à une personne. A coup sûr j’allais me ridiculiser. Je ne voulais pas non plus téléphoner à des personnes autres que ma  famille. Maintenant que j’y réfléchis, aller chercher le pain, c’était une babiole, et pourtant j’en étais incapable. Je me mettais dans des états pas possibles et ma famille ne comprenait pas pourquoi je réagissais comme ça. Pour tout vous dire, ça ne m’est passé que 3/4 ans donc voilà…

J’ai ensuite eu le cap de la seconde à passer. L’arrivée dans un nouveau lycée, avec beaucoup plus de monde qu’au collège (pourtant la dimension reste moindre que certains grands lycées de ville). La rentrée me stressait énormément et le jour venu je me suis retrouvée seule dans ma classe de 2nde, personne ne venait de mon collège. Je n’allais pas avoir le choix. Au final les choses ont bien été faites puisque je me suis fait violence et me suis fait une amie dès la rentrée. Le matin nous devions enregistrer nos empreintes au lecteur de biométrie du self donc on était placé par ordre alphabétique dans la queue et je me souviens m’être tournée vers elle qui était derrière moi et lui avoir dit « Tu connais des gens dans la classe ? ». Question bête, mais ça a fonctionné puisqu’elle m’a répondu que ses amies étaient dans d’autres classes et qu’elle ne connaissait que deux garçons qui étaient dans son collège mais sans plus. On a donc décidé, dès le premier cours, l’après-midi de se mettre côte à côte en classe.

Je crois que ça a été une de mes plus belles années scolaires, cette seconde. J’avais cette amie tous les jours avec moi en classe, et à côté aux recrées et les midis, je retrouvais une de mes amies avec qui je restais à la fin du collège, et les autres qui étaient dans sa classe (et donc certains venaient eux aussi du collège). Malgré un passage très difficile en février à la suite de la perte de mon cousin, mon jumeau, deux de mes profs m’ont pris sous leur aile et m’ont aidé à remonter la pente. Je peux vous dire qu’elle était sacrément raide, j’étais au bord du gouffre. Je me suis de nouveau renfermée sur moi même.Alors cœur sur elle pour tout ce qu’elles ont fait, je ne l’oublierai jamais.

Finalement, je me suis rapidement rendue compte que j’ai toujours été cette personne transparente qui remarque tout mais qu’on ne remarque pas. Vous pouvez demander à certains de mes anciens camarades de classe, je suis sûre à 99% qu’ils ne sauront pas dire comment je m’appelle. Je passais inaperçue, on ne me parlait pas sauf cas de force majeure. Tandis que moi, très observatrice, je pourrais vous dire le nom de tous les élèves avec qui j’étais de la 6ème à la terminale.

En 1ère, l’année s’est relativement bien passée. J’étais en première L option maths. Je pouvais donc continuer les matières que j’adorais. On était une toute petite classe : 12 dont 1 garçon. Du coup le tour est vite fait. J’avais dedans toujours ces 3 amies avec qui je traînais au recrées et le midi.

Et puis la terminale est arrivée, la classe n’a pas changé évidemment. Février est arrivé, et mes amies ont décidé qu’elles en avaient marre de moi. Elles m’ont accusé de triche en histoire alors que j’avais eu 16. Elles n’ont plus voulu me parler. Heureusement, c’était les vacances, et je partais en Angleterre chez mon correspondant, seulement je partais avec l’une d’entre elles, celle avec qui j’avais commencé à rester en fin de troisième. Étonnamment, durant cette semaine, elle m’a parlé. Pas de chance pour elle puisque nos correspondants avaient décidé qu’on fasse toutes les sorties ensemble. Elle était soudainement toute mielleuse. On voit qui était le chef de file d’elle trois de toute façon, puisqu’elle s’est permis de m’envoyer un message disant que je n’étais qu’une pauvre conne, sans intérêt, et que si elle restait avec moi c’était à cause des deux autres qui m’appréciaient bien et parce qu’elle avait pitié de moi. Et moi comme toujours, trop timide, je me la suis fermée, j’ai tout essayé pour les récupérer.

La semaine de la reprise, on avait bac blanc. J’ai eu 18 en histoire, ça leur a fait fermer leur petite gueule. Mais elles n’ont pas daigné me reparler tout de même. Et d’ailleurs plus aucune des filles de la classe ne m’ont parlé. J’étais seule. Seule en cours, seule aux récrées, seule au réfectoire. Je n’osais pas regarder les gens, j’espérais passer inaperçue. C’était plutôt le cas d’ailleurs au réfectoire, même si je me doutais bien qu’on parlait, jusqu’au jour où il s’est arrêté devant ma table avec sa bande de potes, et s’est mis à chanter « Je suis seul au monde » de façon à ce que tout le monde entende. J’aurais voulu disparaître. Mais ce n’était pas possible. Je me suis donc empressée de sortir du réfectoire avec dans l’idée de ne plus manger les midis pour ne plus avoir à subir « ça ». Ma sœur l’a su, elle a réglé ses comptes avec ce gars car elle lui parlait pas trop mal. Ma sœur qui était en seconde est allée demander  à ce connard de terminale de me faire des excuses. Elle a eu le courage de faire ce que je n’aurais jamais eu le courage de faire. Parce que j’étais faible, que je n’osais pas l’ouvrir, que j’avais honte, et que je faisais tout pour juste passer la plus inaperçue possible. Mon adorable de sœur (parfois chiante tout de même) s’est occupée de moi jusqu’à la fin de l’année, de façon à ce que je mange le midi surtout, avec elle et sa bande d’amis, tous très adorables d’ailleurs. Elle m’a énormément aidé.

Juste pour le fun : J’ai raconté, à mes amies de la fac ce passage affreux pour moi. Et il se trouve qu’un jour en se rendant au restau U, sur qui on tombe ? Cet espèce de crétin fini assis seul à une table dehors. Elles m’ont proposé de s’arrêter et de lui chanter à lui aussi « Je suis seul au monde ». Mais j’ai refusé, je voulais pas m’abaisser à son niveau. D’autant plus que lui avait certainement oublié qui j’étais, qu’un an auparavant, il m’avait humilié. Alors que moi je ne l’oublierai jamais.

Depuis 2010, il faut savoir nous possédons un mobil home dans un camping. J’y passe donc toutes mes vacances (sauf l’hiver car c’est fermé) et donc forcément d’une année sur l’autre l’été, on revoit des personnes. Le camping est toujours blindé en été et pourtant ça fait 7 ans que je suis seule pendant l’été. Je ne me suis jamais fait d’amis. Je passe mes soirées au mobil home. Ma sœur m’a systématiquement proposé de venir avec elle, mais j’ai plus souvent refusé qu’accepté. Je ne veux pas être un fardeau pour elle, je ne veux pas passer pour la sœur qui n’est pas capable de se trouver des amis elle-même.

Quand je suis entrée à la fac, je me suis dit que les choses allaient enfin pouvoir être autrement. Contrairement à beaucoup j’étais hyper contente de me barrer de ce putain de lycée. Je peux vous dire que cette transition a vraiment été un renouveau pour moi. Ma timidité ne s’est pas envolée, mais j’ai fait d’énormes efforts.  Pourtant c’était mal barré le soir où je devais aller à la soirée de parrainage et que mon amie (celle de maternelle, primaire et avec qui j’étais en 6ème) m’a dit qu’elle ne venait pas. J’ai fait une énorme crise d’angoisse et pleurs. Finalement la soirée s’est bien passée et j’ai rencontré mes amies. Qu’elle ne soit pas venue était un mal pour un bien puisqu’elle a fini par abandonner la fac en novembre. A la fac, j’ai réussi enfin à me faire des amis, des vrais, et aussi à aller plus facilement parler aux gens. J’arrive à passer des coups de téléphone, à aller à la boulangerie, à la banque, faire des courses, toute seule comme une grande. Vous me direz que ce sont des tâches vraiment ridicules, mais ce sont des choses que j’aurais été incapable de faire il y a quelques années.

Alors tout n’est pas rose, je me sens évidemment encore très stressée lorsque je dois parler en TD, et j’ai tendance à toujours bafouiller (raaah ce que c’est énervant), mais je me contrôle et me fais violence. Et j’espère qu’un jour tout ira pour le mieux, je le sais, je suis sur la bonne voie. Je n’ai plus peur des oraux,  j’ai même appris à ne plus attendre qu’on m’interroge d’office, je sais lever la main.

 Je trouve sincèrement que adolescence a été gâchée… Je ne l’ai pas vécu comme je l’aurais voulu. Probablement que si ma personnalité avait été différente, si j’avais été plus extravertie, j’aurais eu  plein d’amis, et j’aurais adoré ma scolarité. Je ne le saurai jamais. Ma personnalité de la maison commence peu à peu à rejoindre la personnalité de la Célia en public. Ça du bien. Ça fait réellement du bien. Et j’espère que ça dure encore longtemps.  Il faut toujours aller de l’avant et ne jamais marcher à reculons.


Je m’excuse totalement pour cet article d’une longueur indécente, qui plus est fait très racontage de vie. Je pense que je me suis sacrément éloignée à certains moments mais j’avais besoin de parler et libérer mes propos sur des périodes qui ont été très difficile pour moi, bien que certaines personnes soient bien plus à plaindre.

Publicités

31 réflexions sur “La timidité, le manque de confiance, ces handicaps !

  1. chutjelis dit :

    C’est très courageux d’avoir fait cet article! J’étais aussi très très timide au collège et lycée, maintenant ca va mieux. Et en plus de la timidité qui pousse à se renfermer, j’ai subit de nombreuses moqueries en tout genre… je suis bien heureuse que ces années maudites soient loin !

    Aimé par 1 personne

  2. darkhippos dit :

    Je trouve que c’est un magnifique témoignage que tu nous offres là et cela est très courageux de ta part. J’ai lu ton article en entier et je dois t’avouer qu’il m’a ému. Je me suis retrouvée dans beaucoup de choses que tu as décrites notamment la peur de parler aux autres, que ce soit pour demander le pain ou une place de cinéma (j’ai été traumatisée de ce côté-là…) et d’avoir l’impression (ou pas) de se retrouver seule. Je trouve que la façon dont tu as « remonté » la pente, dont tu leur as montré à tous que toi aussi, tu étais capable de faire les choses, est un exemple pour toutes les personnes atteintes de timidité maladive et de manque de confiance en soi (car oui, malheureusement, les deux vont souvent de paire). Comme toi, je fais des efforts depuis maintenant une bonne année : j’ose prendre la parole et je vais de moi même poser des questions aux gens, sans que eux ne viennent à moi. Alors oui je ne le fais pas toujours, je reprends parfois peur, j’ai parfois des ratés, mais dans l’ensemble je suis tout de même fière de ces efforts. Même si je ne suis pas encore au bout de mes peines, car il y a encore un long chemin à parcourir, ce sont les premiers pas qui sont les plus durs à faire. Que tu aies réussi à les faire, c’est admirable ! Et je pense qu’il n’est pas nécessaire de « rejeter » la faute sur son caractère : nous sommes comme nous sommes, extravertis comme timides, et l’on ne devrait pas nous juger sur cela, bien que la réalité soit différente. Alors n’en veut pas à la toi du passé ! C’est grâce à elle que tu en es là aujourd’hui ^^ En tout cas je trouve ton article très motivant et il me donne envie de continuer mes efforts, alors merci à toi d’avoir pris le temps de le partager 🙂 Tu dis faire dans les longs discours, mais c’était sans compter la longueur de mon commentaire je crois x)

    Aimé par 1 personne

    • L'écho des mots dit :

      C’est vrai que ce n’est pas évident et que les efforts ne sont pas facile à faire quotidiennement. Des fois le naturel reprend le dessus. Mais le plus dur est passé en effet. Et le meilleur reste à venir. J’espère que les efforts seront payant un jour et que tu arriveras à t’en débarrasser 😥
      Merci pour ton commentaire ça me fait extrêmement plaisir. Et ne t’inquiètes pas pour la longueur 😘

      Aimé par 1 personne

  3. klolianebooks dit :

    Plus jeune, j’étais comme toi. Je n’osais pas dire ce que je ressentais et je gardais tout en moi. Arrivée au lycée, en première, j’en ai eu marre. Petit à petit, j’ai osé répondre, m’imposer, utiliser des réparties bien senties. J’avais peur, mes joues étaient en feu mais je ne baissais plus les yeux. Cela a pris du temps mais j’ai réussi. Parfois, bien qu’adulte et maman, j’ai encore cette gêne présente mais j’arrive à passer outre et de faire face. Alors continue d’avancer pas à pas, accroche toi 🙂 Courage !

    Aimé par 1 personne

  4. Pleack dit :

    On ne refait pas le passé Célia. Tu es comme telle et il faut s’accepter. C’est souvent dur mais le jugement que tu portes sur toi-même doit te faire grand bien. Tu peux voir les progrès que tu as fait depuis. Je suis comme toi, super timide. Je ne dirai pas jusqu’à maladif car je n’ai quasiment jamais eu de mal à parler à d’autres personnes même si je ne vais pas vers les autres. Souvent lorsque j’y allais on me rejetait (et encore récemment à la Fac).
    Je me suis vu en toi, mais j’ai cinq ans de plus ^^. C’est vrai que l’adolescence est une étape de la vie, mais était-ce si important que ça de la réussir ?
    Je pense que l’âge que tu as maintenant et tes cinq à six prochaines années seront beaucoup plus intenses. Tu vas pouvoir t’épanouir. Je vois aussi que, d’une certaine façon, le blog te rend plus extravertie et ouverte, autrement tu ne nous partagerais pas ça. Et c’est bien, tu surmontes tes peurs, tes angoisses. Tu avances.
    Il est où ton camping ?
    De ce que je vois de toi, oui je vois une fille timide mais sensible. Oui je vois quelqu’un de réservé mais riche. Oui je vois une fille peu sûre d’elle mais touchante. Tu vas t’affirmer, c’est certain. Mais n’oublie jamais celle que tu étais avant. Car elle va forger celle que tu seras à l’avenir ! 🙂
    Je regrette que l’on ne se parle pas un peu plus, tu as des choses intéressantes à conter et tu attires ma curiosité régulièrement ^^
    Je te fais un gros bisous Célia !
    éponge ces larmes et repars tout sourire, le bonheur est à la portée de tous !

    J'aime

  5. Laetitia Houareau dit :

    bonsoir,
    il est vrai que ce n’est pas simple lorsqu’on est timide mais cela t’a donné une force de personnalité qui s’augmentera plus que tu auras confiance en toi et j’admire que tu ne sois pas rabaissée face à ce garçon et aux filles qui t’ont mise de coté juste par jalousie, tu as une part d’humilité en toi ce qui est noble. Comme on dit souris à la vie et la vie te sourira. Bonnes continuations ma belle 🙂

    Aimé par 1 personne

  6. sissoum dit :

    Super article très émouvant ..! J’espère qu’un jour (futur proche en tout cas) tu arrivera à ne plus être exactement timide. Je sais que ça ne peut pas partir du jour au lendemain mais … juste un tout petit peu de timidité ne fais jamais de mal à personne. Chacun a en soi une part de timidité qu’il préfère caché ou montré… J’espère que mon commentaire t’aura été utile 😊

    Aimé par 1 personne

  7. Céline dit :

    Coucou. Ne te pose pas la question de savoir si ton article nous a dérangé, demande toi s’il t’a fait du bien ! Le plus important : c’est toi !
    Je me suis assez reconnue dans ton témoignage et il s’avère que je souffre de phobie sociale (là ou d’autres ne voient que de la timidité excessive). C’est une vraie maladie qui se soigne. Je ne dis pas que tu en es atteinte. Je ne te le souhaite pas. Mais sache juste que ça existe.
    Bravo encore pour ton courage à t’exprimer sur ce sujet. Bonne soirée =)

    Aimé par 2 people

    • L'écho des mots dit :

      Ça fait du bien de parler de tout ça en effet 😊
      Peut être que s’en est en effet une sorte de phobie sociale, je ne connaissais pas. J’espère que ça ira mieux pour toi un jour. Je sens personnellement que je vais de mieux en mieux et que ça en sera de même pour toi ❤

      Aimé par 1 personne

      • vergnecline dit :

        Oui, je vis avec 😊 Je voulais juste te dire en relisant ton article, de ne pas avoir de regret pour ce que tu n’as pas fait à cause de cette timidité. J’ai longtemps cru que j’avais gâché mon adolescence et maintenant que je gère, je rattrape tout et c’est encore mieux !!

        Aimé par 1 personne

  8. Clémence / Livana dit :

    Je n’ai jamais apprécié le collège et ma pire année a été ma 3eme, je venais de déménager dans le sud et me retrouvais dans un établissement où je ne connaissais personne, et clairement, la mentalité sudiste est beaucoup plus superficielle que dans le Rhône, même si ados, on est tous cons, un peu, beaucoup, ça dépend des gens. Mais malheureusement je crois que tous les timides et renfermés comme nous ont subit énormément de moqueries, parfois d’abandon et beaucoup de solitude… Pareil, je traînais avec des gens que je n’appréciais pas forcément mais c’était mieux que d’être seule… quitte à subir les chuchotements dans les oreilles suivis de ricanements sous mon nez et de remarques méchante comme une qui m’a marquée : « ça m’étonne pas que t’aies pas de copain »… jusqu’à ce que j’ai malencontreusement dit à une fille de ma classe que je n’appréciais pas ces personnes, qui l’ont appris et m’ont tournée le dos et j’étais toute seule… Une fois des filles plus jeunes que moi, gentilles, sont venues me voir parce que j’étais seule, mais je sais pas j’avais honte et peur de subir encore plus de moqueries si je restais avec des plus jeunes que moi alors que j’étais censée faire partie des grands en 3eme donc j’ai pas cherché à rester avec elles… C’est très con quand j’y pense ça se trouve ça m’aurait adouci le quotidien au moins pour les récréations et peut-être le midi (on entrait par classes au self). Au lycée j’étais beaucoup mieux. Mais c’est pas pour ça que je n’ai plus jamais été seule ni subi de remarques ou rires en coin, même si j’étais avec des amies c’est toujours moi qui prenait le plus et pas elles, va savoir pourquoi… y’a eu des drames aussi niveau amitié ; alors certes ce sont des histoires d’ados et on continuait quand même à rester ensemble mais n’empêche que ça a tout changé à jamais et m’a profondément blessée à l’époque, je crois que j’en garderai toujours une trace.

    Par contre moi la fac ça n’a pas spécialement arrangé les choses… Quand je suis revenue dans ma fac pour entamer droit au 2d semestre (après un 1er semestre chaotique sur Montpellier en LLCER anglais) j’y retrouvais une copine du lycée j’étais donc contente sauf que j’ai vite déchanté… Parce qu’elle ne m’a pas aidée du tout au contraire, et j’ai continué à me sentir mal alors que mon moral était censé s’améliorer… ça a probablement joué dans la décision de mon 1er (et dernier) petit copain de me quitter… j’ai redoublé, et là j’ai fini par me faire une bonne amie, que je voyais souvent à midi ensuite lorsque j’ai migré en LEA l’année suivante. Sauf qu’elle a fini par me tourner le dos du jour au lendemain et ce très certainement à cause d’une fille avec qui j’avais été amie au lycée et avec qui ça avait pété (un rapport avec mon ex mais c’est trop long à expliquer ici) mais avec qui je venais de renouer : je les avais présentée l’une à l’autre. Et puis ça a pété à nouveau avec cette fille, et quand j’ai expliqué à mon amie de droit un peu tout elle a plutôt pris sa défense même sans être méchante, ça m’a déstabilisée, j’ai pas compris, blessée même, et puis avec mon emploi du temps et le sien on ne s’est croisées qu’une seule fois et j’étais contente de la revoir mais j’avais plus de nouvelles par texto ou autre et un jour suis allée voir son facebook… pour voir qu’elle m’avait supprimée… j’ai rien dit, ni par message ni en l’apercevant dans la cour de ma petite fac et en ayant le coeur qui se serre en le sentant passer juste à côté de moi sans un regard… j’étais trop stressée par les cours je voulais pas en rajouter à la marmite alors j’ai attendu l’été pour lui envoyer un message sur facebook et même si elle a pas été méchante, et même si elle a insisté disant que l’autre garce était pas responsable du tout… je suis pas complètement idiote. J’ai préféré couper court à la conversation pour ne pas être malheureuse pendant mes vacances à la mer. cette perte m’a vraiment fait mal parce que de toutes les copines de fac elle était la seule que je considérais comme une amie. Et c’est par pur hasard qu’en retournant sur un vieux blog skyrock à moi j’ai vu qu’un commentaire avait été laissé comme par hasard juste après que cette amie m’ait tourné le dos et qui ne fait pas de doute sur la personne vu ce qui était écrit mais qui était posté en anonyme… et c’était vraiment méchant. Et même si je sais que cette fille est malsaine, ça n’empêche qu’une phrase me résonne encore dans la tête aujourd’hui : « demandes toi pourquoi tout le monde t’abandonne ou est hypocrite avec toi. Tu vas finir seule un jour et ce sera tant pis pour toi. » Parce que malgré tout le mal qu’elle m’a fait (et je ne suis pas la seule de ses « victimes ») je peux pas m’empêcher de me dire qu’elle avait raison, que c’est moi le problème, et ça me tue. Parce que je me sens de nouveau très seule… Les copines de fac c’était sympa sur le moment oui, mais je ne les ai pas vraiment gardées et ça n’a jamais été de véritables amitiés.

     » Finalement, je me suis rapidement rendue compte que j’ai toujours été cette personne transparente qui remarque tout mais qu’on ne remarque pas.  » je me reconnais tellement dans cette phrase ma jolie Célia… et c’est toujours d’actualité je crois. Même quand je suis là j’ai souvent l’impression d’être en retrait, qu’on oublie un peu ma présence. J’ai toujours peur de déranger. Les rares fois où j’ai ouvert ma bouche avec mes amis, en particulier sur mon engagement pour la défense animale et surtout sur la captivité des cétacés, ben on se fout de ma gueule. Et ça fait mal. Parce que c’est quelque chose de très important pour moi. Et à vrai dire aujourd’hui j’ai l’impression de ne plus avoir d’amis du tout… des potes ouai mais de l’amitié… non… Je sais plus. J’ai changé, on a pas les mêmes idées, on ne se comprend plus et je dirais même qu’ils ne m’ont jamais réellement connue. Je ne suis plus totalement moi-même, y’a des parties de moi que je garde cachées et des choses que je ne leur dirai jamais parce que je n’ose pas parce que je sais qu’ils pourront me blesser encore davantage. Et c’est pour ça que je remercie booktube et les blogs et les réseaux sociaux, mais même là… même là je me sens quand même seule. Il y a des gens avec qui je discute oui mais avec qui je me sens vraiment proche, avec qui je pourrais autant me confier qu’avoir un gros délire, avec qui se voir chez l’un ou l’autre, etc… je ne sais pas, j’en suis pas certaine. J’ai plutôt l’impression d’être la spectatrice d’amitiés IRL sous mes yeux à sourire en étant contente pour ces personne mais à envier aussi… parce que pleins de fois j’ai vu des gens dire que grâce à internet ils ont trouvé de belles sincères amitiés qu’ils trouvaient pas dans la « vraie vie ». Et je le souhaitais aussi. Mais c’est à croire que même sur internet moi j’y ai pas droit, j’en ai pas la capacité. J’ai pas envie de m’incruster, j’ai peur d’être de trop, voire jugée de gratter… Et de toute façon même si j’échange sur les vidéos ou articles, c’est toujours sur le travail des autres, sur le mien c’est très rare ; donc j’ai l’impression de ne rien faire d’intéressant…

    Donc c’est ça le sentiment dominant en fait, encore et toujours : le retrait, spectatrice mais pas inclue. Je remercie bien sûr beaucoup les quelques personnes connues par le web qui m’aident ou avec qui j’échange, vraiment ! parce que je crois que actuellement j’arriverais pas à tenir sans ça… même celle que je considérais comme ma meilleure amie ne prend jamais de mes nouvelles et quand j’étais 3mois en Afrique du sud ça m’a fait beaucoup de mal. Mais c’est ça le truc, je reste la gentille fille qui a besoin d’être rassurée/protégée et qui aime ce que les autres font mais… y’a pas ce sentiment d’égalité, j’me sens toujours en dessous. Je sais pas si tu comprends ce que je veux dire. Et je ne dis pas non plus que ce sont les autres les responsables ; parce que je manque cruellement de confiance en moi et suis extrêmement sensible alors ça me rend parano et peut-être plus transparente que je ne le suis au plus profond de mon être qui ne veut pas sortir… et qu’à cause de cette garce dont je te parlais plus haut et cette amie de fac, plus une autre copine de LEA bien plus caractérielle que moi avec qui ça a dégénéré aussi, j’ai toujours la crainte de : si je parle de mes problèmes, je suis une égoïste, et on va trouver encore une fois que je suis une personne qui ne fait que se plaindre… et donc, qu’on va encore m’abandonner…

    Voilà, ton article m’a inspirée, désolée pour le roman ! Un peu triste d’ailleurs je suis désolée 😦 Je suis contente de t’avoir lue en tout cas ! et contente d’avoir vu profilage aussi haha ^^ et puis j’entends toujours dire que les séries tv françaises c’est nul blabla que ça fait plaisir de voir que d’autres que moi aiment ça 🙂 Bisous ❤ ❤

    J'aime

    • voyageusedesmots dit :

      Je sais que c’est facile à dire mais il faut d’abord te pardonner à toi d’être timide. Je n’ai jamais échangé avec toi, mais dans ta réaction je ne lis pas de plaintes. Je lis une jeune femme qui se pose des questions, qui a souffert de faits et qui ne veut pas déranger.
      Donc si l’article de Célia t’a inspiré c’est peut-être parce que tu réalise que justement tu es quelqu’un d’intéressant qui a le droit à la parole.
      Je suis une ancienne grande timide: avoir passer mon BAFA et avoir travaillé dans le commerce après 5ans dans l’animation m’ont aidé à m’affirmer (plus quelques coups dur sur lesquels je ne m’exprime que sporadiquement). Il y a encore des restes. Aller sur twitter depuis un an m’a beaucoup aidé aussi. Sur ce réseau, j’ai des délires que je n’aurai jamais osé avoir avec mes amies réelles. J’apprends aussi à m’exprimer 😉
      Et pour Profilage je suis d’accord avec toi: après le sac jaune de Chloé on a la poussette d’Adèle…^^

      J'aime

      • Clémence / Livana dit :

        merci c’est gentil. Mais c’est ça le truc : les échanges je les ai quand je réagis à un tweet ou article, vidéo, peu importe, ou participe à une conversation mais… autrement, personne ne s’intéresse à ce que moi JE dis, sans que ce soit une réponse à quelqu’un d’autre. je sais pas si c’est clair ce que je dis…

        Pour profilage trop d’accord ! quand j’ai appris que Chloé allait partir j’étais dégoûtée parce que j’imaginais pas profilage sans elle, mais quand j’ai su que c’est Adèle qui prendrait la relève ça m’a rassurée et même ravie car son personnage bien que différent est tout aussi complexe et intéressant 😀

        Aimé par 1 personne

  9. Léna Bubi dit :

    Ton article est très beau et me rappelle quelques mauvais souvenirs du collège du coup… Mais bon, je suis contente que ça aille de mieux en mieux pour toi, même si le stresse est toujours un peu présent❤️ Tu es une personne super gentille et géniale, je suis super contente de t’avoir découvert grâce à la Blogo 🙂

    J'aime

  10. Ludo dit :

    C’est très courageux d’avoir fais cet article ! Et tu m’a ému… Comment ne pas l’être devant ce genre de témoignage ??
    Je dois avouer que je n’ai jamais été timide et que j’ai toujours eu la facilité à aller vers les autres, je crois qu’on appelle ça le bagout ^^ Je ne peux donc, j’imagine, pas totalement ressentir ce que tu a vécu mais je compatit vraiment ! Et puis les autres sont parfois d’une telle méchanceté ! Je déteste ça :/ On trouve des excuse pour tout. Moi je suis gros… Je dis pas que j’en ai jamais souffert mais heureusement je suis passé au dessus, je crois que c’est mon caractère qui m’a sauvé, j’ai toujours été irascible, tu coup on ne me cherchais pas trop de noises….
    Bref, je suis incorrigible, voilà que je parle de moi !
    Je te fais une grosse bises 😉 Ce que tu a traversé est horrible et tu est d’un courage incroyable

    J'aime

  11. froggy80 dit :

    Je me reconnais complètement dans ton article ma belle… Moi, en plus d’être timide, je devais dealer avec ma couleur de peau (mulâtre – mère blanche, père latino) et mes petites rondeurs de l’époque. Pas commun dans les années 80-90 les gens de couleurs dans ma ville. Alors je te comprend… Je suis très timide aussi, mais j’ai toujours essayer d’aller combattre cette timidité que ce soit par le théâtre, la musique, le chant, etc… Mais encore aujourd’hui, du haut de mes 36 ans, c’est pas évident et je prend toujours en compte le regard des autres dans tout ce que je fais. Faut croire que s’être protégé de l’intimidation durant ma jeunesse a laissé de grave séquelle pour ma vie adulte. Je me prive de bien des choses afin de ne pas supporter le regard des autres, ou d’éviter de m’imaginer pleins de trucs.

    Je pense qu’avoir peu d’amis est bien. Ce n’est pas la quantité mais la qualité de l’amitié qui compte et ça, notre vision de la chose, change en vieillissant! T’imagine, j’étais capable de faire des spectacles de chants ou théâtre, mais incapable de faire un exposé oral devant la classe… Encore aujourd’hui, quand je chante, je ne suis pas capable ou peu capable devant les gens que je connais…

    Cet article est un grand pas que tu fais pour vaincre ta timidité!!! Lâche pas et n’hésite pas à venir me parler au besoin!

    J'aime

  12. Olive dit :

    C’est un très joli témoignage sur la timidité. Moi qui en souffre également, je connais ce sentiment de transparence dans le groupe, je l’ai souvent ressenti lorsque j’étais enfant. Comme toi, j’ai décidé de faire de la fac un renouveau et j’ai eu la chance de rencontrer une de mes meilleures amies quelques jours après la rentrée. Comme quoi, il faut parfois se faire violence pour se sentir mieux.
    J’espère que tes efforts sont récompensés un petit peu plus chaque jour. 🙂

    Aimé par 1 personne

    • L'écho des mots dit :

      La fac a été un bon passage pour nous deux alors 😊 j’ai une meilleure amie également mais je la connais de vacances du coup elle et moi sommes séparées par 8h de route et on se voit très peu du coup. Mais j’ai eu de la chance de me trouver de très très bonnes amies à la fac ❤

      J'aime

  13. dreamingwithboooks dit :

    Je me reconnais vraiment dans ton article parce que je suis comme toi : timide maladive (j’avais l’impression de lire mon expérience quand tu parlais d’aller chercher le pain et répondre au téléphone! Une horreur pour moi!), la fille qui écoute plus qu’elle ne parle, discrète, presque invisible … Donc je sais que c’est dur à vivre, seul les vrais timides peuvent comprendre … C’est un gros soucis de confiance en soi ….
    Contrairement à toi j’ai pu avoir des amis sur qui compter depuis petite et je n’ai jamais eu de réflexions méchantes comme tu as pu le vivre, mais je trouve ça terrible, limite du harcèlement, tu as été courageuse de passer au-dessus! Je ne sais pas ce que j’aurais fait si j’avais été à ta place …
    En tout cas, comme toi je me suis plus affirmé et pour ça je me suis vraiment fait violence!! Alors je suis toujours timide et réservée mais j’ai moins de soucis pour parler aux gens, j’essaye d’aller vers les autres et ça fait un bien fou!! 🙂 J’espère en tout cas que tu vas gagner toujours plus confiance en toi et faire que la timidité soit un petit défaut et non plus un fardeau 🙂

    J'aime

  14. Les idéaux du cœur dit :

    Je suis terriblement timide, au point de l’être devant des membres de ma famille après plusieurs mois sans les voir, alors ce que tu dis me rappelle beaucoup de choses. Je n’ai jamais réussi à avoir un seul véritable ami que j’aurai pu voir en dehors de l’école.

    La timidité à l’école nous transforme en une sorte de cible, on fait tout pour ne pas attirer l’attention et on se retrouve au centre des regards, des critiques et des moqueries. C’est le fait d’être timide qui crée cette barrière mais il ne faut pas culpabiliser non plus car on ne fait rien de mal, et s’acharner sur quelqu’un qui ne fait rien de mal c’est de la méchanceté !

    On peut rester timide à vie, mais diminuer notre timidité et l’adapter. Au moins pour être à l’aise avec les personnes les plus proches de nous. J’espère que tu arriveras à trouver cet équilibre. 🙂

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s